vendredi, 04 mai 2012
Le centre revient en partie à ses origines
Le landernau centriste lyonnais est sous le choc de la déclaration de François Bayrou, hier soir, appelant à voter François Hollande. Soyons franc : ni ceux penchant à gauche ni ceux penchant à droite ni les extrême-centristes mous n'osaient croire que leur leader serait aussi catégorique. Les centre droit ne pouvaient imaginer que cet ancien ministre de gouvernements conservateurs puisse un jour appeller à voter à gauche. Les centre-gauche n'espéraient plus qu'ils puissent les rejoindre sur leur ligne. Quant aux extrême-mous, ils étaient persuadés que le tropisme, l'attraction du vide électoral abyssal dans lequel jusqu'ici ils se complaisent en compagnie de Bayrou, le confondant avec la vertu, étaient désormais inscrits ad vitam comme leur avenir.
Or donc, François Bayrou l'a fait invoquant des valeurs. Du coup, les extrême-centristes mous et les centre droit sont muets de sidération. Les seconds surtout car ils sont les plus nombreux et les plus persuadés - apparemment comme Nicolas Sarkozy et ses amis- qu'être centriste ne pouvait jamais se décliner in fine qu'à droite. Au mépris des origines et de l’histoire de cette famille politique. Certes, dans notre société du zapping érigé en conscience politique et de wikipédia en valeur étalon de la culture, évoquer des temps qui paraissent, à ces aunes là, immémoriaux, peut sembler manoeuvre dilatoire. Sauf que ceux que l’on appelle les centristes n’ont jamais cessé de se référer à leurs grands hommes – de Jacques Maritain à Marc Sangnier, de Gilbert Dru à Jean Monnet, d’Emmanuel Mounier à Jean Lecanuet. Autant de figures dont les itinéraires personnels - parfois, souvent, avec des évolutions réfléchies – ne furent pas univoques. Que dire également de Jeune République ou des débuts du MRP avec, notamment, ses équipes ouvrières ?
Quant à ceux qui avaient précédé le président du Modem ils voient leur démarche – Dieu sait qu’ils furent agonis d’injure !- en partie légitimée. Ebaubis, ils s’ébaudissent. Aucun ne cache sa joie. Président du groupe gauche démocrate du Grand Lyon, Eric Desbos, dit sans fausse pudeur qu’il a vécu une des plus grandes joies dans son engagement politique et s’enthousiasme : « c’est peut-être le signe que le modèle lyonnais va devenir la norme ». Hier soir, à la sortie du Conseil du 5e arrondissement durant lesquels ils apprirent leur heureuse nouvelle, les Modem et ex Modem, Bertrand Jabouley et Thomas Rudigoz, allèrent au café d’en face arroser la parole de Bayrou. En compagnie notamment du président du groupe PS au conseil municipal de Lyon, Jean-Yves Sècheresse, et du divers droite gaulliste, Christian Barhélemy, dont je ne parierai pas -au passage- qu’il vote Sarkozy dimanche.
C’est, mutatis mutandis, une sorte de tsunami que vivent les centristes. L’info digérée, demeurera la question : quel avenir politique pour François Bayrou et son mouvement au delà son coup d’éclat historique?
Michel Rivet-Paturel
15:27 Publié dans Centre, Présidentielle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, modem, centristes |
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