vendredi, 27 avril 2012

A Lyon, et si le faible score du FN ne devait rien à Collomb...

Gérard Collomb peut-il vraiment s'ennorgueillir d'être parvenu à  enrayer  la progression du  Front national sur son terrain de jeu lyonnais? En  réalité, le phénomène dépasse largement le cadre de l'agglomération


Le vote FN est-il moins puissant  à Lyon qu'il ne  l'est ailleurs? A regarder  le score enregistré  par  Marine  Le Pen au national, (18,03%), nul doute  que les suffrages de la candidate du  FN receuillis à Lyon sont faibles, (9,87%), voire décevant pour des militants qui  se voyaient rééditer l'exploit de 2002.

"Nous avons fait un travail qui porte ses fruits, notamment en mettant fin à une coupure sociale. Le travail concret de tous les jours fait changer la cité" se satisfait Gérard  Collomb. Pour le maire de  Lyon, ce faible impact  du  vote d'extrême-droite serait donc lié à la politique menée  par son (ses), exécutif(s) durant ses derniers mandats. Gérard Collomb peut-il vraiment s'ennorgueillir d'être parvenu à  enrayer  la progression du  Front national sur son terrain de jeu lyonnais? Dispose-t-il vraiment de la recette anti-FN? Devant cet éventuel  fait d'arme, nous avons souhaité en savoir  davantage en oscultant d'un peu plus près la  situation lyonnaise.
 
Alors retour en arrière:
- En  2002, Jean-Marie Le Pen culmine  au premier tour à 15,07%. Mais attention, en 2002,  il n'est pas seul. Bruno Mégret  est  également dans la course,  il ne faut donc pas  oublier ses  1,66% réalisés  à Lyon. Donc, un  total, pour l'extrême droite de 16,73%. Nationalement, les deux candidats  totalisent  19,20%. Au  deuxième tour, le candidat  Le Pen, seul  face à  Jacques Chirac,  obtient à Lyon, 14,97% (17,79% au national).
- En 2007,  c'est  l'effondrement. 6,47% pour Le Pen à Lyon, contre  10,44% En France.
- En 2012, Le Pen (fille) marque une légère progression en flirtant  avec les  10%. (9,87%).
 
Premier constat, en 10  ans,  alors que la ville a gagné  près de  55000 nouveaux électeurs, le vote extrême droite a perdu près de  7000 voix. Cela, si l'on prend la référence 2002. Mais rapport à l'élection  de 2007, en  2012, le FN a gagné 7500 voix à Lyon, (alors que  le nombre d'inscrits a augmenté de  18000 électeurs). Très en baisse par rapport à 2002,  le score est largement  en hausse  par rapport à 2007 puisque le FN augmente son nombre de  voix de 49,5% alors que le nombre d'inscrits  progresse de 6,8%. Le vote FN progresse de 67,4% au national.
 
Deuxième constat quand on  va  étudier  les résultats de  nos  voisins,  on se rend compte que le phénomène n'est pas  Lyonnais, mais urbain. Ci-dessous,  les progressions entre  2007 et 2012 et le résultat de  chaque  ville.
A Lyon, (PS), +49,5 (9.87%)
A  Toulouse, (PS) +53.7% (10.34%)
Bordeaux (UMP), +45.95% (8.22%)
Marseille  (UMP), +54.65% (21.22%)
Lille (PS), +36.9% (13.40%)
Strasbourg (PS), 43.2% (11,86%)
Nancy (Parti  Radical), +57.43% (10.55%)

Le lien entre l'action politique et les résultats du parti de Marine Le Pen ne sont pas  donc pas  flagrants  dans la mesure où les politiques menées dans l'ensemble de ces villes n'est pas nécessairement comparable. Et c'est même Bordeaux qui  arrive en tête des ville qui tient  son  FN au score  le plus faible.
 
L'analyse  sur le vote  FN a  effectivement bien  évolué depuis les  périodes  où l'on cantonnait les scores frontistes aux quartiers populaires. Ce n'est pas  à  Vénissieux, par exemple, que le FN enregistre des scores records. Bien loin des résultats des  années  2000.
 
C'est plutôt  dans les agglomérations situées au-delà des 30 km des grandes villes et jusqu'à 100 km que les scores les plus importants ont été enregistrés. Une population plus réceptive aux messages de  Marine Le Pen, une population  écartée des centres urbains en raison par exemple  des prix de l'immobilier. Une  population  davantage fragilisée par la crise  et  sous  représentée  dans les medias ou  dans les grands discours des politiques. C'est la France des "invisibles" qui  se trouve  au coeur d'une fracture sociale, géographique, mais  également culturelle souvent  sous estimée par les classes politiques majoritaires. Celle à qui Marine Le Pen  a  su  s'adresser avant les autres.

Geoffrey Mercier

16:10 Publié dans Front National, Présidentielle | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |  Facebook | | | |

Commentaires

Ne serait-il pas aussi utile de faire remarquer que sur le Rhône et sur Lyon le score de l'UMP reste fort et que cela explique le score plus faible du FN que sur le plan national?

Écrit par : guyot | dimanche, 29 avril 2012

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